enfAIr & divAIn

Installation & AI

Categorie :
INSTALLATION
Partenaires :
Olivier Nérot \ festival DNA
Période :
2023
Prix :

EnfAIr et DivAIn sont deux installations fonctionnant en miroir, qui peuvent toutefois être présentées séparément.

Alors que l’accès aux applications recourant à des intelligences artificielles pour générer des images ou des textes se démocratise ce projet a pour but d’ouvrir une réflexion critique sur notre façon de les utiliser ainsi que sur leurs systèmes et biais d’apprentissages.
Il s’agit de pièces se répondant et travaillant avec la notion d’inconscient, individuel, des personnes venant les expérimenter maiségalement collectif, de ces intelligences artificielles.Toutes deux questionnent aussi notre rapport aux plaisirs et au contrôle à travers l’oralité et la notion d’aveu telle qu’elle apparaît notamment chez Foucault dans Histoire de la sexualité « l’aveu est un rituel de discours où le sujet qui parle coïncide avec le sujet de l’énoncé; c’est aussi un rituel quise déploie dans un rapport de pouvoir, car on n’avoue pas sans la présence au moins virtuelle d’un partenaire qui n’est pas simplement l’interlocuteur, mais l’instance qui requiert l’aveu, l’impose, l’apprécie et intervient pour juger, punir, pardonner, consoler, réconcilier.»Ce projet utilise formellement deux dispositifs identifiés et archétypaux de ces discours d’aveu, que sont le confessionnal et le divan de la psychanalyse. Chaise vide, confessionnal vide : qui est là aujourd’hui pour nous écouter ? Comment se positionner et faire valoir la notion de plaisir face à des machines visant l’efficacité ? Faut-il perdre l’humain, rendu volontairement absent de nos installations, et sa contradiction fondamentale, pour rassurer son besoin de vérité, réduite à l’opinion, hors de tout débat, de tout contradicteur ? Cette dynamique, tel un cercle vicieux, ne risque-t-elle pas de ren- forcer encore nos biais, nous rendant sourds à toute diversité? Clin d’oeil aux pièces fondatrices de l’art numérique que furent Dieu est-il plat ? et le Diable est-il courbe ? de M. Benayoun elles proposent un jeu sur la dichotomie bien/mal, pour en montrer l’absurdité. En effet les IAs risquent aujourd’hui d’être mises à disposition de cette volonté de binarité, de non contradiction pour rassurer le bien fondé de nos pensées. La censure déjà réalisée au sein des algorithmes, pour ne pas se confronter aux biais et aux dissonances qui sont déjà en nous en est un signe. Les IAs deviennent ainsi responsables de leur production, et sont actuellement bridées, alors qu’elles ne sont que le miroir de notre pensée, qui a servi à leur apprentissage, nourries par ses biais, elles amplifient encore cette bifurcation. Ces installations cherchent à illustrer les biais de cette dichotomie poussée à l’extrême, et faire entendre au contraire la nécessité du bruit, de l’incohérence, pour trouver nos êtres dans le paradoxe fondateur du vivant, diversifié, chaotique, ouvert et désirant...


EnfAIr

EnfAIr est une installation utilisant une intelligence artificielle entrainée avec des textes issus de livres interdits ou censurés en France qui propose une réflexion autour de la notion du contrôle des plaisirs par l’aveu.

Fonctionnant sur le modèle du cadavre exquis, cher aux surréalistes et comme une voie d’accès à l’inconscient. Les personnes sont amenées à prendre place, l’une après l’autre, dans ce qui s’apparente à un confessionnal, et à continuer un texte qui s’écrit face à elles, et dont seule la dernière phrase du dernier paragraphe est lisible.Par le biais d’un clavier elles peuvent compléter le texte qui générera ensuite un nouveau paragraphe de l’histoire venant ainsi donner corps à un récit collectif, un dialogue à plusieurs voix, entre humains et IA, créant l’écrit le plus interdit de l’histoire. Ce projet ouvre à des recherches autour du contrôle par la rationalisation des plaisirs, quels sont et quels ont été les écrits considérés comme dangereux, que disent-ils de notre rapport aux plaisirs, et que se passe-t-il si on peut co-créer avec eux?

L’intégralité de ce texte pourra être consulté en temps-réel en ligne à une adresse communiquée par la suite aux participants. Ceux-ci sont aussi informés a posteriori de la façon dont a été entrainée l’IA utilisée.

Il s’agit ainsi d’ouvrir une réflexion sur la notion de contrôle et de plaisir mais aussi de responsabilité, qui peut ou doit en effet être tenu pour responsable des textes ainsi générés? Quels sont les biais humains présents derrière les outils que sont les IA?Que peut ou va engendrer le refoulement ou au contraire la répétition de certaines idées?Quelle sera la posture de chacun face à ces textes, l’installation mènera-t-elle à une forme d’auto-censure collective ou libèrera-t-elle au contraire la parole?


DivAIn

DivAIn est une installation utilisant une intelligence artificielle entrainée avec des vidéos de développement personnel.A l’heure de la quête du bonheur, de la recherche du bien-être “en kit”, universel et stéréotypé, il s’agira ici de faire l’expérience d’un coach qui pousse ces théories à l’extrême et de se demander si cette bien-pensance ne mène pas à l’opposé de ce qu’elle prône. Pour en faire l’expérience il faut venir s’allonger sur un divan, face à une chaise vide, et commencer à raconter des pensées intimes, des rêves, poser des questions... Une voix, sortant d’un haut-parleur directionnel, permettant ainsi une certaine intimité et proximité, répond par des affirmations en suspension et des questions. Il se crée ainsi comme un dialogue absurde entre la personne et la machine, présentant toujours une bienveillance convenue, superficielle et parfois déplacée. Au fil du temps et de la discussion la voix générée par l’IA se calque sur celle de la personne venue lui parler, donnant ainsi lieu à un sentiment d’étrangeté, de malaise, comme un dialogue avec soi-même, pris dans un cercle clos. Cette fois-ci la machine entrainée à partir d’autres sources propose un échange lisse, creux montrant ainsi l’importance que peut jouer la censure ou du moins le choix orienté, le biais humain à la base des systèmes d’apprentissage ainsi que le stéréotypage que peuvent engendrer l’usage des plaisirs ou la notion de bonheur.